Celebration du 8 mars,Missagbe Camara parle de la femme rurale dans la construction d’une Guinée nouvelle…
Dans un entretien qu’elle a bien voulu accorder à notre magazine, Missagbe Camara, Présidente de l’amicale des femmes et Secrétaire Générale de la section syndicale de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), nous retrace son parcours et son rôle dans le mouvement syndical de son Institution. Un parcours que d’aucun qualifie élogieux et laborieux, puisqu’elle a franchi un cap qui lui rend fière aujourd’hui dans la gestion de la chose publique qui s’inscrit en droite ligne de la feuille de route qui lui a été soumise dès sa prise de fonction en sa qualité de Secrétaire général de l’organe qui défend la cause du personnel de la CNSS.
Dans cet entretien, dame Missagbe Camara parle du début de sa jeune carrière qui semblait difficile, mais avec sa détermination et son engagement a su relever de nombreux défis au sein de la plus grande Institution Sécurité Sociale du pays.
Parlez nous un peu de votre parcours ?
Merci de m’avoir donné la parole. Comme toute personne en fin de cycle universitaire, je me suis mise à postuler dans plusieurs entreprises en vue d’obtenir un stage dans le but de trouver un emploi décent. C’est dans ce cadre que j’ai postulée à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS). Ainsi ma demande fut acceptée et j’ai commencé à faire mon stage au Secrétariat central. J’ai fait plus de trois ans de stage,mais le jour où Dieu a voulu que je sois prise à la CNSS, je suis venue trouver un matin que la décision était dejà affichée et tout le monde était content. Personnellement, j’etais très contente aussi et cela m’a galvanisé davantage à redoubler d’efforts et de prendre le travail à bras le corps pour la satisfaction de tout le monde.
C’est ainsi que j’ai toujours commencé à faire mon travail comme des autres femmes. Et pour commencer , j’ai été engagée à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale comme femme secrétaire de direction, avec ma persévérance, j’ai dépassé ce stade et j’ai été retenue comme assistante de direction de l’informatique, de l’informatique. Finalement, je me suis retrouvée à la Direction des Ressources Humaines DRH.
Arrivée à la DRH, on m’a nommée comme cheffe d’Agence Adjointe de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale de Dubréka en 2019. Et en 2023, j’ai été élue comme Secrétaire générale syndicale de la CNSS.
En tant que syndicaliste l’humanité va célébrer la fête internationale des Droits de la femme, quels sont les mécanismes miss en place pour que ces femmes réussirent et puissent s’épanouir dans votre structure ?
Célébré tous les ans, la date du 8 Mars est l’occasion de renforcer l’autonomisation des femmes. Plus loin , elle a ajouté que cette Journée est également un cadre de dialogue des acteurs pour des propositions de solutions aux problèmes de la femme qui impactent négativement l’émancipation de la gent féminine.« C’est une occasion de s’affirmer pour dire aux hommes que les femmes les complètent. Par ma voix et au nom de la section syndicale et de toutes les femmes , nous souhaitons d’abord une bonne fête aux femmes du monde, de l’Afrique, et aux braves femmes de Guinée. Pour nous, la fête du 8 Mars a toute sa raison d’être car, elle nous permet de nous célébrer en tant que femme mais aussi, de célébrer notre gaité quant aux efforts colossaux engagés par notre institution envers nous les femmes .
Il faut comprendre que la femme a été longtemps reléguée au second rang.« C’est pourquoi , l’idée de cette célébration, et ,on sait que les premières femmes qui ont donné le coup d’envoi n’avaient même pas le Droits de vote, et, c’est pour dire que, les femmes ont une certaine prises de positions que les hommes dans la société. Donc cette célébration est une occasion pour les femmes de Guinée aussi de s’affirmer . Vous n’êtes pas sans le savoir qu’actuellement, les nouvelles autorités ont instauré dans tous les départements ministériels un Service genre et équité. C’est une avancée significative non seulement aux femmes de dire qu’elles ont les mêmes pouvoirs désormais que les hommes. Donc sur ce plan déjà, les femmes sont positives. On sait que dans les instances de prise de décisions, les femmes seront représentées.»
Moi je dirai à toutes les femmes mêmes celles qui sont dans les bureaux à ne pas rester bras croisés. Il faut qu’elles continuent à se battre car, c’est le travail qui paye et non la personne.
Puisque quand vous travaillez, vous serez récompensées. Donc je dirai à ces femmes d’être performantes puisque tu peux pas apprendre un métier et que tu n’arrives pas à avancer dans ce que tu as fait. Je trouve ça anormal, il faut toujours se remettre en cause pour aller de l’avant. C’est ce message que je lance à toutes les femmes pour qu’un jour qu’elles soient des mamans exemplaires dans le futur. Puisque comme on le dit souvent, une femme performante, c’est celle là qui se bat à être autonome dans toutes les activités qu’elle mène dans une société.
Mme Camara n’a pas occulté d’interpeller aussi à les femmes qui sont dans les zones rurales. En tout cas elle soutient que si ces femmes ont la possibilité de se former cela pourrait leur aider dans leur évolution, notamment dans leur vie socio-économiques, parce que quand tu es quelque part et que tu n’es pas informé ni formé, tu resteras stagné. Puisque si ces femmes n’arrivent pas à communiquer avec celles évoluant dans les villes, il ne serait pas pas facile pour elles de se développer.
Le message est de leur dire d’initier toujours les activités génératrices de revenus pour pouvoir aider leurs familles voire la nation.
Il faut le préciser que le 8 Mars concerne toutes catégories de femmes même celles qui sont dans l’informel. Donc, toutes les femmes doivent prendre conscience de leur état. Donc on doit encourager ces femmes à mieux s’organiser à travailler et à persévérer pour pouvoir s’exprimer partout surtout dans les instances de prise de décisions. Cela va permettre aux femmes de faire un pas de plus vers leur émancipation.
Entretien réalisé par Naby Camara
