Conakry : Grand ménage sur la route de Nongo à une semaine de l’investiture.
À l’approche de la prestation de serment du Président Mamadi Doumbouya, prévue le 17 janvier prochain, les autorités guinéennes ont lancé une opération d’envergure pour libérer les accès au stade Général Lansana Conté. Entre impératifs de sécurité et grogne sociale, la capitale fait peau neuve.
Le compte à rebours est lancé. À J-7 de la cérémonie d’investiture, le paysage urbain de la zone nord de Conakry change radicalement de visage. Ce samedi 10 janvier, les forces de police, sous l’égide du ministère de la Sécurité et de la Protection civile, ont investi les axes majeurs menant au quartier Nongo.
L’opération, qui a débuté aux premières lueurs de l’aube, cible un tracé névralgique pour le protocole d’État. De la Tannerie à Nongo, en passant par Cosa et Petit Simbaya, aucune installation anarchique n’est épargnée. La Transversale numéro 3 (T3), véritable poumon circulatoire vers le stade, est au cœur de ce dispositif de déguerpissement.
Sur place, le constat est sans appel : pelleteuses et agents de force publique s’activent pour démanteler kiosques, conteneurs et étals de fortune qui empiétaient jusqu’ici sur la chaussée. Les épaves de véhicules, qui encombraient les trottoirs depuis des mois, sont systématiquement enlevées par les services de voirie.
Pour les autorités, cette démonstration de force répond à deux objectifs majeurs notamment sur la fluidité logistique afin de garantir un passage sans encombre pour les nombreux chefs d’État et délégations internationales attendus. Mais aussi de présenter une capitale « reluisante » et ordonnée, loin du désordre urbain habituel.
« Ces occupations illégales constituent un danger permanent pour la circulation et l’ordre public », rappelle un responsable local, soulignant que la sécurité du dispositif ne peut souffrir d’aucune zone d’ombre.
Si la fluidité du trafic est déjà palpable sur certains tronçons, l’ambiance est plus lourde chez les commerçants de proximité. Pour beaucoup, cette opération est un coup dur. « Nous comprenons l’importance de l’événement, mais nous perdons notre gagne-pain du jour au lendemain sans alternative », déplore un vendeur de pièces détachées dont le kiosque a été emporté.
Bien que des voix s’élèvent pour réclamer des mesures d’accompagnement, le gouvernement semble déterminé à maintenir le cap de son plan d’urgence. Pour l’heure, l’opération se poursuit dans le calme, marquant une étape décisive dans les préparatifs de ce rendez-vous historique du 17 janvier.
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