Conakry : Le Premier ministre impose un calendrier strict pour la relocalisation des commerçants déguerpis

Conakry : Le Premier ministre impose un calendrier strict pour la relocalisation des commerçants déguerpis

Le dossier de l’assainissement urbain à Conakry prend une tournure plus opérationnelle. Réunis ce mardi au Palais de la Colombe, le Premier ministre, Chef du Gouvernement, a fermement recadré les autorités locales après le constat d’échec lié à la réinstallation des commerçants suite aux récentes opérations de déguerpissement.

​Le ton était à la fermeté face à la Gouverneure de la ville, au Secrétaire général du ministère de l’Urbanisme et aux treize présidents des Délégations spéciales. Pour le Chef du Gouvernement, le constat est sans appel : la méthode actuelle, marquée par une absence d’accompagnement, témoigne d’une « fragilité organisationnelle » incompatible avec les besoins d’une métropole en pleine explosion démographique.

​« Aucune politique d’assainissement ne saurait produire des résultats durables sans anticipation », a martelé le Premier ministre, dénonçant au passage les dérives du passé, notamment la spoliation de domaines publics initialement dédiés aux infrastructures sociales.

Face à ce qu’il qualifie d’« urgence sociale », le locataire du palais de la Colombe a fixé un cap clair pour un ​délai de 7 jours accordé aux communes. Chaque commune a désormais une semaine pour identifier des sites d’accueil provisoires.

​Zéro excuse : Le discours officiel ne tolérera plus l’argument du manque d’espace foncier, sommant les élus locaux de faire preuve d’ingéniosité dans l’aménagement de leur territoire respectif.

​La consigne est désormais formelle. Puisque les treize communes doivent présenter des plans concrets pour l’édification de marchés provisoires afin de sortir les commerçants de la précarité.

​Si la Gouverneure de la ville, le Général M’Hawa Sylla, a mis en avant des succès notables à l’instar de l’aménagement des sites à Matoto et Enco 5 elle n’a pas éludé les défis persistants. L’exemple de Sanoyah illustre parfaitement la complexité du dossier. Bien que cinq marchés y aient été bâtis, les contraintes logistiques liées aux horaires de livraison et à la sécurité freinent l’attractivité du site pour les vendeuses de produits frais.

​L’enjeu pour le gouvernement est désormais de concilier l’assainissement de la capitale avec la fluidité indispensable aux activités commerciales. Un suivi est, selon les autorités, en cours pour garantir que la reconstruction, notamment celle du marché d’Avaria, ne se fasse pas au détriment des revenus des milliers de familles dépendantes du secteur informel.

Car, la volonté du Premier ministre de passer d’une approche de simple « déguerpissement » à une politique gestion urbaine durable marque un tournant important pour l’aménagement de Conakry.

Envergure224.com 

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L'Equipe de la Rédaction