CRIEF : Le face-à-face électrique entre Charles Wright et Badra Koné
Le procureur spécial près la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) a marqué les esprits ce jour par une sortie d’une rare fermeté. Alors que les avocats de Badra Aliou Cheickna Koné tentaient d’obtenir une suspension des poursuites, Alphonse Charles Wright a opposé une fin de recevoir cinglante, plaçant la responsabilité pénale au-dessus des ambitions électorales.
L’immunité politique à l’épreuve du droit
L’audience a basculé lorsque la défense a brandi l’article 66 du code électoral, sollicitant un sursis pour le candidat Koné dans l’attente des résultats du scrutin du 31 mai. Pour les conseils de l’ancien président de la délégation spéciale de Matam, l’éventualité de voir leur client diriger un futur groupe parlementaire impose une pause judiciaire.
La réponse du parquet spécial ne s’est pas fait attendre. Fixant le prévenu, le procureur Wright a martelé :
« Qu’on n’utilise pas un parti politique comme une couverture de défense. […] Si les faits d’infraction sont établis, nous vous poursuivrons jusqu’à votre dernier retranchement. »
Au-delà du joute verbale, le fond de l’affaire donne le vertige. Badra Aliou Cheickna Koné n’est pas seul sur le banc des accusés ; il est cité aux côtés de six autres personnes et de trois entités morales. Le groupe doit répondre d’un catalogue d’infractions graves :
Détournement de deniers publics
Enrichissement illicite et blanchiment de capitaux
Corruption et conflit d’intérêts
Le préjudice financier estimé pour l’État guinéen s’élève, à ce stade, à 240 milliards de francs guinéens.
En affirmant qu’« aucune immunité n’est opposable » à la CRIEF, Alphonse Charles Wright réaffirme la doctrine de cette cour d’exception : personne n’est au-dessus des lois, quel que soit l’agenda politique.
L’audience, suspendue brièvement après cette passe d’armes, a repris pour poursuivre l’identification des prévenus. Le signal envoyé est clair : le calendrier de la justice ne s’alignera pas sur celui des urnes.
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