​Diplomatie financière : La Guinée prend les rênes de la BIDC

​Diplomatie financière : La Guinée prend les rênes de la BIDC

À l’issue de la 24ᵉ Assemblée générale de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) à Accra, la Guinée a été portée à la présidence du Conseil des gouverneurs. Pour Conakry, ce plébiscite marque le grand retour du pays dans l’arène des institutions financières régionales.

​Par la voix de son ministre du Plan et de la Coopération internationale, Ismaël Nabé, la République de Guinée affiche ses ambitions : transformer ce mandat d’un an en un levier stratégique pour l’accélération des investissements en Afrique de l’Ouest.

Longtemps observée avec prudence par ses voisins, la Guinée semble avoir réussi son opération de séduction diplomatique. Élu à l’unanimité par ses pairs, Ismaël Nabé voit en cette nomination une validation de la trajectoire impulsée par le président de la transition, le général Mamadi Doumbouya.

​« Nous prenons cet honneur avec humilité, mais aussi avec rigueur », a déclaré le ministre, soulignant que cette présidence est le signe tangible du « retour de la Guinée au sein des instances de développement ».

​L’alignement des agendas : Simandou 2040 en ligne de mire

​Le timing n’est pas fortuit. Ce mandat coïncide avec le lancement du programme national « Simandou 2040 », le méga-projet minier et ferroviaire guinéen, alors que la BIDC s’apprête à déployer son plan stratégique 2026-2030.

​Pour Ismaël Nabé, cette convergence est une opportunité d’aligner les réformes structurelles du pays avec les capacités de financement de la banque régionale. Le ministre a d’ores et déjà annoncé que son mandat sera axé sur quatre piliers majeurs :

​L’implication massive du secteur privé.

​Le renforcement du capital humain.

​Le développement des partenariats public-privé (PPP).

​La mobilisation de capitaux à grande échelle.

Au-delà des intérêts nationaux, la Guinée entend porter une vision réformiste pour l’institution. L’objectif affiché est de faire de la BIDC un moteur de souveraineté économique, capable de financer des transformations structurelles sans dépendre exclusivement des flux extérieurs.

​En se positionnant au cœur de la stratégie de la CEDEAO, Conakry espère non seulement rassurer les investisseurs internationaux, mais aussi transformer l’Afrique de l’Ouest en un espace intégré et compétitif. Reste désormais à transformer ces ambitions politiques en projets concrets durant les douze prochains mois.

La Rédaction

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L'Equipe de la Rédaction