Drame à Mandiana : Le prix du sang dans les mines de Kondianakoura
MANDIANA – La série noire continue dans les zones aurifères de la Haute-Guinée. Le jeudi 12 février 2026, un nouvel éboulement meurtrier sur le site de Kondianakoura a coûté la vie à dix femmes. Ce drame relance le débat sur l’insécurité chronique qui règne dans les couloirs de l’orpaillage artisanal.
Il était en pleine journée lorsque la terre a cédé. Selon les témoignages recueillis par Guinéenews, les victimes, principalement des ressortissantes burkinabées venues tenter leur chance dans les placers guinéens, étaient occupées au lavage du minerai.
Le piège s’est refermé brutalement : un talus surplombant la zone de traitement s’est affaissé, ensevelissant les travailleuses sous des tonnes de gravats. Malgré la mobilisation immédiate des orpailleurs présents sur les lieux, l’ampleur de l’effondrement n’a laissé aucune chance de survie.
Ce nouveau bilan macabre met à nu les failles béantes de l’exploitation artisanale dans la préfecture de Mandiana. Sur place, le constat est souvent le même. Notamment le problème de l’insécurité structurelle et la précarité féminine. Puisque les puits et talus ne respectent aucune norme de soutènement sans occulter le manque d’encadrement technique des autorités minières laisse le champ libre à des pratiques périlleuses.
Les femmes, maillon vulnérable de la chaîne, sont souvent cantonnées au traitement des résidus dans les zones les plus instables des sites.
Face à l’indignation qui gagne la population locale, les autorités administratives se retrouvent au pied du mur. Si l’orpaillage représente un poumon économique vital pour la région, il ne peut plus se faire au détriment de la vie humaine.
L’opinion publique réclame désormais des actes forts : une surveillance accrue des sites, l’imposition d’équipements de protection et une régulation stricte de l’accès aux zones à risques. À Mandiana, l’heure n’est plus aux simples condoléances, mais à une refonte profonde de la sécurité minière.
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