ÉCONOMIE : retraite des cadres  pour évaluer les 122 mégaprojets du programme Simandou 2040

ÉCONOMIE : retraite des cadres  pour évaluer les 122 mégaprojets du programme Simandou 2040

DUBRÉKA (Yorokoguiya) – C’est un véritable séminaire commando qui s’est ouvert ce lundi 29 juin. Plus d’une centaine de cadres des ministères sectoriels, des administrations publiques, ainsi que des partenaires techniques et financiers, se sont isolés pour cinq jours à Dubréka. L’objectif ? Passer au scanner les 122 mégaprojets du Programme présidentiel « Simandou 2040 », identifier les goulots d’étranglement et accoucher d’une feuille de route opérationnelle pour accélérer la transformation structurelle de l’économie guinéenne.
​Cette retraite stratégique, initiée conjointement par la Direction Générale des Investissements Publics (DGIP), l’Administration et Contrôle des Grands Projets (ACGP) et la Delivery Unit (DU) du Programme Simandou 2040, vise à instaurer une culture de la performance et de la redevabilité.
​Sortir de la « politique de la première pierre »
​Le constat est sans appel et les chiffres avancés font l’effet d’une douche froide. Depuis 2021, à peine 49 % des projets qui auraient dû être achevés ont effectivement été réceptionnés par l’État. Plus paradoxal encore : de nombreux chantiers affichent des taux d’exécution physique supérieurs à 80 %, voire 95 %, mais restent désespérément en souffrance, faute d’être officiellement livrés.
​Face à cette inertie, Ibrahima Sory Diallo, Administrateur général de l’ACGP, a vigoureusement plaidé pour un changement radical de logiciel managérial au sein de l’administration :
​« Pendant longtemps, nous avons davantage célébré les lancements que les réceptions. Or, le véritable indicateur de performance de l’État n’est pas le nombre de premières pierres posées, mais le nombre d’ouvrages effectivement livrés et mis au service des populations. Les citoyens n’attendent pas des procédures ou des rapports. Ils attendent des écoles, des routes, des hôpitaux. »
​Vers une ingénierie renforcée : l’arrivée de Nexus 2040
​Pour corriger ces anomalies techniques dès l’amont, l’administrateur général a annoncé le lancement imminent de Nexus 2040. Cette nouvelle plateforme d’ingénierie aura pour mission d’accélérer les études techniques préalables, de muscler les capacités nationales et de réduire drastiquement les délais de maturation des dossiers.
​Simandou 2040 : la nouvelle boussole économique
​Porté par la vision du président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, le programme Simandou 2040 s’impose désormais comme le cadre de référence absolu du développement national.
​Dr Mamoudou Touré, Secrétaire général du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, a rappelé l’ampleur de cette ambition :
​Le volume : Un portefeuille global de 122 mégaprojets.
​L’impact : Des réformes structurantes touchant l’ensemble des secteurs névralgiques (infrastructures, transports, énergie, mines, agriculture, éducation, santé, numérique, finances).
​Le but ultime : Propulser la Guinée au rang de pôle régional de croissance et de prospérité.
​Radiographie des blocages et méthode de travail
​Si la volonté politique est affichée, la réalité du terrain impose de lever de lourdes contraintes. Mme Sylla Aïssatou Yariatou Camara, Directrice générale des investissements publics (DGIP), a listé sans concessions les maux qui grippent la machine des investissements publics :
​Absence ou insuffisance des études techniques initiales.
​Lenteurs chroniques dans les procédures de passation des marchés.
​Faible taux de décaissement des ressources financières.
​Déficits persistants en matière de gouvernance et de suivi-évaluation.
​Pendant les cinq jours de travaux, les participants vont plancher en ateliers fermés sur ces thématiques cruciales. Pour Mohamed Angelo Diallo, délégué exécutif de la Delivery Unit, le fait d’avoir réussi à briser les silos administratifs en réunissant toutes ces institutions autour d’une même table constitue « déjà un succès et l’amorce d’une intelligence collective ».
​Au terme de cette retraite de cinq jours, les cadres devront impérativement fournir un diagnostic consolidé, une cartographie précise des risques, ainsi qu’un plan d’action assorti d’indicateurs de performance stricts et d’échéances claires. L’heure n’est plus aux promesses, mais aux résultats visibles.

Envergure224.com 

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L'Equipe de la Rédaction