Environnement : La Guinée lance une offensive majeure pour doubler ses aires protégées
Le gouvernement guinéen a franchi une étape historique ce mardi 28 avril 2026 en lançant le Forum sur la biodiversité. Au cœur des débats : la mise en place du Réseau guinéen des aires protégées (REGAP), un levier stratégique pour concilier l’exploitation du gisement de Simandou et la sauvegarde d’un patrimoine naturel unique en Afrique de l’Ouest.
<span;>La Guinée n’est plus seulement le « château d’eau » ou le « scandale géologique » de l’Afrique ; elle veut désormais en devenir le sanctuaire vert. C’est le message porté par la ministre de l’Environnement et du Développement durable, Djami Diallo, lors de l’ouverture d’un forum de deux jours réunissant autorités, miniers et communautés locales dans la capitale.
L’ambition affichée etait chiffrée et audacieuse : porter la surface des aires protégées de 15 % à 28 % du territoire d’ici 2030. Cette réforme vise à aligner le pays sur les standards internationaux (objectif 30 %), tout en structurant un nouveau réseau national composé de 18 sites prioritaires.
<span;>« Délimiter les aires protégées ne consiste pas à imposer des frontières administratives, mais à bâtir un processus participatif fondé sur les réalités du terrain », a martelé Djami Diallo.
L’ombre portée de Simandou
L’enjeu de cette concertation dépasse la simple protection de la faune. Il s’agit de répondre à l’urgence climatique et industrielle, notamment via la mise en place de mesures de compensation. Alors que le méga-projet minier de Simandou entre dans des phases décisives, le REGAP doit servir de cadre pour compenser les pertes de biodiversité inévitables liées à l’extraction minière par une protection renforcée d’autres zones sensibles.
Le Fouta Djallon dans le viseur de l’UNESCO
Présidant la cérémonie, le Premier ministre Amadou Oury Bah a rappelé la responsabilité régionale de la Guinée. En protégeant ses forêts, le pays protège les sources des grands fleuves qui irriguent toute la sous-région.
<span;>Le chef du gouvernement a profité de cette tribune pour annoncer une accélération de la procédure d’inscription du massif du Fouta Djallon au patrimoine mondial de l’UNESCO, afin de sanctuariser ce bastion écologique menacé.
Un équilibre fragile à trouver
Tout l’enjeu des travaux, qui s’achèveront ce mercredi 29 avril, réside dans la signature d’un pacte entre les intérêts économiques et la conservation. Entre l’ambition de transformer l’économie nationale et le risque de « détruire des éléments de biodiversité irremplaçables », le gouvernement prône désormais une « prudence stratégique ».
<span;>L’adoption des premières orientations du cadre de concertation est attendue demain, marquant l’acte de naissance officiel d’une nouvelle gouvernance environnementale en République de Guinée.
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