FEGUIFOOT : Entre buzz virtuel et appel du Palais, la course au trône tourne au vaudeville

FEGUIFOOT : Entre buzz virtuel et appel du Palais, la course au trône tourne au vaudeville

​À la Fédération guinéenne de football, la succession s’ouvre dans un climat aussi bruyant que déconcertant. Si deux candidats ont formellement jeté leur dévolu sur la présidence de l’instance faîtière, tous deux semblent s’être trompés de terrain. L’enjeu central repose pourtant sur une arithmétique simple : convaincre les 53 membres statutaires, uniques détenteurs du pouvoir électoral. Une cible essentielle que les premiers prétendants préfèrent pour l’instant ignorer, chacun à sa façon.
​D’un côté, Ibrahima Kalil Kaba, dit Lilou, président du Karfamoriah FC, a fait le choix d’une offensive 100 % numérique. Mathématicien de formation, le candidat déploie sur les réseaux sociaux un orchestre virtuel rythmé par la profusion de stories. Pourtant, sur le terrain politique, le résultat provisoire frôle l’impasse : à peine huit soutiens statutaires officiellement affichés. Une bien maigre moisson pour un scientifique qui découvre à ses dépens qu’un like Facebook ne s’est jamais traduit en bulletin de vote lors d’une Assemblée générale. Le taux de conversion est cruel et démontre les limites d’une campagne fondée sur le bruit d’Internet plutôt que sur le travail de conviction.
​À l’opposé, Antonio Souaré, habitué des arcanes de la gouvernance sportive nationale, adopte une démarche tout aussi déconcertante. Assuré du seul suffrage de sa propre écurie, le Horoya AC, le dirigeant a choisi de contourner purement et simplement le corps électoral. C’est dans les colonnes de la presse ivoirienne qu’il a lancé un appel du pied explicite au chef de l’État, suggérant une désignation directe par le pouvoir central. Une vision pour le moins singulière de la démocratie sportive, qui fait fi des règles de la FIFA sur l’ingérence politique un écueil que l’ancien président a pourtant déjà expérimenté par le passé. Se drapant dans le costume du sauveur providentiel, il vante sa vision et ses moyens, tout en oubliant que la légitimité ne s’octroie pas par décret.
​Pendant que l’un traque l’audimat sur les réseaux et que l’autre sollicite l’arbitrage du Palais, la cinquantaine de votants légitimes attend toujours une offre sérieuse. Ce spectacle désordonné fait évidemment le jeu des prétendants tapis dans l’ombre qui, en fins tacticiens, laissent les deux favoris autoproclamés épuiser leurs cartouches avant d’entrer en scène.

À observer,Ibrahima Kalil Kaba semble bien partie pour rafler l’électorat de la Fédération guinéenne de football vu qu’il n’a jamais géré dans  ce domaine. Alors que les membres statutaires misent à jamais le renouveau en vue de combiner leur idéologie en acte concret.

​Naby Camara

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L'Equipe de la Rédaction