Football guinéen : Le naufrage d’un géant aux pieds d’argile
Entre crises de gouvernance, infrastructures en ruines et déshonneur du corps arbitral, le championnat local traverse une zone de turbulences qui semble ne jamais finir.
Le constat est sans appel et le diagnostic, clinique , le football guinéen ne se meurt pas, il s’étouffe. Alors que le pays regorge de pépites brutes qui font le bonheur des championnats européens, le football domestique, lui, s’enfonce dans les abysses de la mauvaise gestion et de l’amateurisme institutionnel.
Le sifflet sous influence : l’arbitrage en otage
L’image de l’arbitre guinéen, autrefois respecté, est aujourd’hui ternie par des scandales de corruption et des décisions pour le moins « orientées ». Le mal est profond des hommes en noir, souvent précarisés, se retrouvent à la merci de mécènes tout-puissants qui confondent investissement sportif et droit de vie ou de mort sur le score final.
Comme un triste rappel à l’ordre, les sanctions internationales tombées ces dernières années contre certains officiels guinéens ne sont que la face émergée de l’iceberg. Sans transparence, le sifflet devient un outil de négociation plutôt qu’un instrument de justice.
Des stades fantômes et des exils forcés
Comment prétendre porter haut les couleurs d’une nation quand celle-ci est incapable d’homologuer ses propres enceintes ? Le paradoxe est frappant : la Guinée, terre de football, est devenue une nation SDF (Sans Domicile Fixe), obligée d’aller quémander l’hospitalité des pays voisins pour disputer ses rencontres internationales. L’absence d’infrastructures aux normes CAF/FIFA n’est pas qu’un problème logistique ; c’est une humiliation nationale qui vide les tribunes et prive la jeunesse de ses modèles.
Une gouvernance aux abois.
Au sommet de la pyramide, la Feguifoot ressemble davantage à un champ de bataille qu’à une administration sportive. Règlements de comptes personnels, guerres d’ego et opacité financière ont fini par lasser les instances internationales, déclenchant des comités de normalisation à répétition. Pendant que les dirigeants s’arrachent les fauteuils, la formation des jeunes et la structuration des clubs restent au point mort. Car « Le talent ne suffira plus. Le football guinéen est à la croisée des chemins : soit il entame une mue structurelle radicale, soit il accepte de n’être plus qu’un exportateur de main-d’œuvre, incapable de faire vibrer son propre sol. »
Le salut passera-t-il par une rupture totale avec les pratiques du passé ? Le public guinéen, lui, n’attend plus que des actes, lassé par les promesses de jours meilleurs qui se perdent dans les couloirs des hôtels de luxe.
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