Sia Foudia Kamano raconte sa mésaventure avec ses parents.
Victime d’abus et de menace pour s’être opposé à l’excision de sa fille par ses parents, Mme Sia Foudia Kamano a décidé de quitter le pays pour sauver sa tête et de celui de son époux. Dans un entretien accordé à notre rédaction, Mme Cissé revient sur son calvaire.
Cette affaire a débuté le 15 janvier 2023, lorsque mes parents ont excisé ma fille Marietou Cissé âgée de sept (7) ans sans le consentement de mon mari et moi. Après seulement six jours, elle est décédée par hémorragie. Dans la foulée, nous avons porté plainte contre nos deux (2) parents qui étaient à la base de cette histoire d’excision, mon père et ma belle-mère. Lorsque nous avons porté plainte, ils ont été immédiatement convoqués à la gendarmerie de Yimbaya dans la commune de Matoto, ont été arrêtés et emprisonnés
C’est suite à cette arrestation que toute la famille a gardé une dent contre nous. Ils ne sont pas restés là, ils ont commencé à nous intimider, suivis de propos injurieux et des menaces de mort.
Il faut rappeler que dans cette affaire, ma propre mère qui était contre l’excision de ma fille a été empoisonnée par le petit frère de mon père. Grâce à la nièce, ma mère a été conduite à l’hôpital sans que personne en toute discrétion. Arrivée à l’hôpital, elle m’a appelé pour me filer son adresse. Arrivée sur le lieu, le docteur m’a clairement dit qu’on doit tout faire sinon elle va perdre la vie. J’ai appelé mon mari qui est venu payer tous les frais, avant de dire au médecin traitant que personne d’autres que nous, n’a le droit à la visite. Après sa sortie de l’hôpital nous l’avons conduite directement chez nous.
Deux semaines après, j’ai dit à mon mari d’amener ma maman au village à 130 km de Conakry. Pour moi, c’était la meilleure voie. Et quand elle était arrivée au village, elle a été victime d’un coup de bois sur la tête, lorsqu’elle quittait son champ à 19h. Cela lui a causé une perte de conscience. Ensuite le 25 avril 2023, un groupe d’hommes est allé chez nous à 2h du matin. Cette descente musclée des assaillants a causé une blessure à la main de mon mari. Ils m’ont violé devant mon mari et emporté tous nos biens. Avant de nous dire que quand ils reviendront pour une seconde fois, ils vont nous tuer. Ainsi, le 23 juin 2023, jour de mon anniversaire, mon mari m’a amené au restaurant pour me soulager de ma dépression. Ensuite après mon anniversaire, nous avons encore été victimes d’inconnus le 25 juin et l’un d’entre eux a été même arrêté par le service de police.
À cause de ces agressions récurrentes, mon mari était contraint de démissionner de son service pour qu’on puisse quitter le pays, parce que notre vie était vraiment en danger. Nous avons rapidement quitté le pays le 15 janvier 2024 et mon mari est parti au Sénégal pour se refuser.
Naby Camara pour envergure224.com 628 166315
