Guinée : L’Union européenne adoube Doumbouya mais surveille la suite du « chronogramme »
Au lendemain de la validation de la victoire de Mamadi Doumbouya à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, Bruxelles a brisé le silence. Si l’heure est aux félicitations diplomatiques, l’Union européenne pose déjà ses conditions pour la suite du processus démocratique.
C’est un satisfecit teinté de prudence. En saluant le scrutin qui consacre l’accession de l’ancien chef de la transition à la magistrature suprême avec plus de 86 % des suffrages, l’Union européenne (UE) acte officiellement le retour de la Guinée dans le concert des nations dites « normalisées ».
Par la voix de son porte-parole, Anouar El Anouni, l’UE a qualifié ce vote d’« étape décisive ». Pour Conakry, ce message est bien plus qu’une simple courtoisie : c’est un sésame économique. Après des années de transition marquées par des sanctions graduelles et un gel partiel de la coopération, cette reconnaissance ouvre la voie à un déblocage massif des fonds de développement et à un retour des investisseurs européens, notamment dans le secteur minier.
« L’Union européenne se tient prête à poursuivre son partenariat de long terme avec la Guinée », a affirmé Bruxelles, signalant une volonté de ne pas laisser le champ libre aux autres puissances géopolitiques dans la région.
Toutefois, pour les diplomates européens, l’élection du président n’est pas une fin en soi, mais le début d’un cycle qui reste à achever. Le retour à l’ordre constitutionnel, tel que défini par les accords de sortie de transition, est un édifice à trois piliers. Si le pilier exécutif est désormais en place, les piliers législatif et local manquent encore à l’appel.
L’UE a été explicite : le processus ne sera jugé complet qu’après la tenue des : Élections législatives (pour former la nouvelle Assemblée nationale) ;
Élections sénatoriales (une nouveauté de la Constitution de 2025) ;
Élections locales.
Le point de friction potentiel entre Bruxelles et Conakry réside dans un triptyque précis : « ouverture, transparence et inclusivité ».
En insistant sur ces termes, l’UE envoie un message subliminal au palais Mohammed V. Le prochain défi du président Doumbouya sera d’organiser des législatives où l’opposition — dont une partie s’était sentie marginalisée lors de la présidentielle pourra participer sans entraves. La stabilité à long terme de la Guinée dépendra de cette capacité à transformer l’essai électoral en une véritable pluralité démocratique.
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