Dissolution de l’UFDG : Ousmane Gaoual Diallo acte un « échec collectif » et pointe les blocages internes
Dans une sortie médiatique remarquée ce 29 mars 2026, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, est revenu sur la dissolution de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG). Entre mea-culpa personnel et réquisitoire contre l’ancienne direction, le ministre des Transports dresse l’acte de décès d’un géant politique tout en esquissant ses futures ambitions.
Face à la presse, celui qui fut longtemps l’une des voix les plus virulentes du parti avant de rejoindre les rangs du gouvernement de transition n’a pas utilisé de langue de bois. Interrogé sur son incapacité à s’emparer de la tête de l’UFDG avant sa dissolution, Ousmane Gaoual Diallo a été tranchant : « Bien sûr, c’est un échec ».
Toutefois, pour le ministre, cet échec ne saurait lui être uniquement imputé. Il décrit une formation politique sclérosée, incapable de se réformer de l’intérieur :
« Certains ont préféré voir le parti dissous plutôt que de céder la présidence. C’est aussi cela, les incompréhensions dans les combats politiques. »
Au-delà de la joute pour le leadership, Ousmane Gaoual Diallo a élargi son propos à la culture politique guinéenne. Selon lui, la chute de l’UFDG est le symptôme d’un mal plus profond : l’absence de compétition réelle au sein des structures sociales et politiques.
« Comment voulez-vous qu’il y ait de la démocratie dans le pays lorsque, dans nos cellules les plus élémentaires […] cette démocratie n’est pas exercée ? », s’est-il interrogé. Pour le porte-parole, la dissolution est une perte sèche, y compris pour l’État qui investit dans ces formations pour en faire des laboratoires de la contradiction et de l’apprentissage démocratique.
Vers une « nouvelle orientation »
Si l’UFDG appartient désormais au passé, l’avenir politique d’Ousmane Gaoual Diallo semble déjà se dessiner. Loin de sonner la retraite, l’ancien député a affiché un optimisme combatif, appelant à un rassemblement des acteurs pour une « nouvelle orientation » de l’engagement politique en Guinée.
Cette déclaration confirme les rumeurs d’une recomposition en cours autour de sa figure et d’autres anciens cadres, alors que le paysage politique guinéen cherche désespérément un second souffle après les dissolutions et suspensions en série qui ont frappé les partis historiques.
N.Camara
