Sénégal : Évincé de la Primature, Ousmane Sonko prend la tête de l’Assemblée nationale

Sénégal : Évincé de la Primature, Ousmane Sonko prend la tête de l’Assemblée nationale

Au Sénégal, le séisme politique se poursuit et la recomposition de l’appareil d’État s’accélère. Réunis en séance plénière ce mardi 26 mai 2026, les députés de la 15ᵉ législature ont validé le retour d’Ousmane Sonko au sein de l’hémicycle. Un come-back parlementaire qui intervient seulement quelques jours après son éviction surprise du poste de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye.

​Dans la foulée de sa réintégration, le leader du PASTEF (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité) a été propulsé au perchoir. Porté par la majorité écrasante de son parti, il a été élu président de l’Assemblée nationale par 132 voix. Un plébiscite sans surprise qui démontre que, malgré sa perte de la Primature, l’influence politique d’Ousmane Sonko reste intacte.

​Un boycott de l’opposition et un climat électrique

​L’installation officielle du nouveau président de l’institution s’est toutefois déroulée dans une atmosphère de haute tension. Jugeant la procédure « controversée », les députés de l’opposition ont choisi de boycotter massivement la cérémonie, illustrant la fracture grandissante au sein de la classe politique sénégalaise.

​Ce coup de théâtre parlementaire survient au lendemain de la nomination d’Ahmadou Al Aminou Lô au poste de Premier ministre. Connu pour sa technicité, ce dernier succède directement à Ousmane Sonko à la tête du gouvernement.

​Entre cohésion affichée et guérilla juridique

​Lors de son premier discours sur le perchoir, Ousmane Sonko a tenté de jouer la carte de l’apaisement et de la continuité de l’État. Saluant le choix du chef de l’État, il a chaleureusement félicité son successeur :

​« C’est un homme compétent… », a-t-il déclaré, affichant une volonté de préserver l’unité de la majorité présidentielle.

​Pourtant, sous le vernis de la cohésion, une bataille institutionnelle semble s’engager. Selon plusieurs sources médiatiques locales, le président Bassirou Diomaye Faye aurait discrètement saisi le Conseil constitutionnel. Le chef de l’État souhaite obtenir un avis tranché sur la conformité juridique de la manœuvre des députés du PASTEF ayant permis ce retour express de Sonko au Parlement.

​Avec cette nouvelle configuration, le Sénégal entre dans une phase d’équilibre des pouvoirs inédite et fragile : Ousmane Sonko tient désormais les rênes du pouvoir législatif, face à un pouvoir exécutif en pleine mutation. La cohabitation au sommet de l’État s’annonce d’ores et déjà sous haute surveillance.

Envergure224.com 

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L'Equipe de la Rédaction