Évacuation sanitaire de Kassory et Damaro : Mamadi Doumbouya invoque l’humanisme sans renoncer à la justice

Évacuation sanitaire de Kassory et Damaro : Mamadi Doumbouya invoque l’humanisme sans renoncer à la justice

Conakry, le 19 septembre 2026 — Dans une adresse directe à la nation, le président de la République, le général Mamadi Doumbouya, s’est exprimé sur l’évacuation sanitaire à l’étranger de deux anciens dignitaires du régime d’Alpha Condé : l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana et l’ancien président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara.
​« Face à la souffrance d’un être humain, j’ai estimé que la République ne pouvait détourner le regard », a déclaré le chef de l’État pour justifier cette mesure d’exception. Mamadi Doumbouya a tenu à rassurer l’opinion publique sur le fait que cette démarche repose strictement sur des impératifs de santé et ne remet nullement en cause les affaires judiciaires en cours.
Cette intervention fait suite à la décision prise le 10 septembre 2026 par le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), autorisant le départ temporaire des deux prévenus pour des soins médicaux spécialisés.
​Les départs se sont enchaînés dans la discrétion et la rapidité :
​Amadou Damaro Camara a quitté le territoire guinéen le 16 septembre à destination des États-Unis.
​Ibrahima Kassory Fofana s’est envolé deux jours plus tard, le 18 septembre, vers Paris à bord d’un vol médicalisé spécialement affrété sur instruction directe de la présidence, comme l’a confirmé son conseil, Me Dinah Sampil.
​Le président de la République a toutefois tenu à être catégorique : il ne s’agit ni d’une grâce, ni d’une amnistie, ni d’un quelconque arrangement politique. Les décisions de la justice guinéenne « conservent l’intégralité de leur autorité » et n’ont fait l’objet d’aucune révision ou annulation.
​« Juger sans haine » : cap sur la réconciliation
​Déroulant sa vision de l’État de droit, le président de la République a souligné que la rigueur appliquée à la gestion des deniers publics doit répondre à un devoir de responsabilité, et non à un désir d’humiliation ou de vengeance.
​« Notre pays a besoin d’une justice qui tranche dans la vérité, mais qui sait aussi préserver la dignité humaine », s’inscrit en filigrane de son discours, plaidant pour une réconciliation nationale ancrée dans la sérénité une fois le droit dit.
​Appelant les Guinéens au rassemblement, le chef de l’État a conclu son propos en réitérant les chantiers prioritaires de son gouvernement : l’amélioration de l’accès à l’eau et à l’électricité, le renforcement du système éducatif et sanitaire, ainsi que l’emploi des jeunes. Dans cette « ère décisive » qui s’ouvre, la Guinée aura besoin de l’unité de l’ensemble de ses citoyens pour bâtir un avenir apaisé.

Envergure224.com 

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L'Equipe de la Rédaction