​MATD : La fin de l’ère des Condolé après d’une décennie d’exclusivité

​MATD : La fin de l’ère des Condolé après d’une décennie d’exclusivité

CONAKRY – C’est un véritable séisme de palais qui vient de secouer l’appareil d’État guinéen, mettant fin à une exception politique vieille de plus d’une décennie. Par un décret présidentiel lu lundi soir sur les ondes de la télévision nationale (RTG), Djenabou Touré a été propulsée à la tête du très stratégique ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD).
​Au-delà du simple remaniement technique, cette nomination sonne le glas d’une hégémonie patronymique inédite : celle de la « dynastie » des Condé, qui régnait sans partage sur ce département depuis quinze ans.
Pour les observateurs de la scène politique nationale, le MATD semblait être devenu, par la force des choses, la chasse gardée d’un seul et même nom. Depuis 2012, quatre ministres se sont succédé à ce poste régalien, partageant tous le même patronyme, bien que n’appartenant pas nécessairement à la même lignée directe.
​Le bal avait été ouvert par Alhassane Condé (2012–2016), suivi du long magistère du Général Bouréma Condé (2016–2021). Au lendemain des mutations politiques de 2021, le portefeuille était resté dans le même giron avec l’arrivée de Mory Condé (2021–2024), avant d’être confié, jusqu’à hier, au Général Ibrahima Kalil Condé. Ce dernier quitte finalement le navire de l’administration territoriale pour prendre les rênes du ministère de la Défense nationale.
​En brisant ce signe indien, Djenabou Touré n’opère pas seulement une passation de pouvoir ; elle tourne une page d’histoire administrative.
​Profil d’une technicienne face aux défis de la transition
​L’arrivée de Djenabou Touré au MATD est loin d’être un parachutage politique. Ancienne Directrice générale des élections (DGE), la nouvelle ministre est une fine connaisseuse des rouages complexes de l’administration guinéenne et des dynamiques électorales.
​Sa nomination intervient à un moment charnière où le MATD se trouve au centre de toutes les attentions. Ce département lourd a la charge de chantiers herculéens :
​La refondation territoriale : Poursuivre la décentralisation et le renforcement de la gouvernance locale.
​Le fichier électoral : Un dossier brûlant qu’elle maîtrise parfaitement de par ses fonctions passées.
​Le dialogue politique : Tisser et maintenir les liens avec les acteurs politiques et la société civile dans les régions.
​« Avec Mme Touré, on quitte la politique des symboles pour entrer dans l’ère de l’expertise technique pure », confie un analyste politique sous anonymat.
​Une nouvelle ère s’ouvre donc pour ce ministère de souveraineté. Attendue au tournant, Djenabou Touré devra faire preuve de poigne et de diplomatie pour imprimer sa marque et prouver que le changement de nom s’accompagnera bel et bien d’un changement de paradigme.
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La Rédaction 

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L'Equipe de la Rédaction