Présidentielle 2025 en Guinée : Entre fair-play et fronde judiciaire, la classe politique divisée après le sacre de Doumbouya
Au lendemain de la proclamation des résultats provisoires de la présidentielle du 28 décembre, le candidat du FRONDEG, Abdoulaye Yéro Baldé, a officiellement contesté la victoire du président Mamadi Doumbouya. S’exprimant ce mercredi 31 décembre depuis son siège de Lambanyi, il a annoncé un recours imminent devant la Cour suprême.
Le paysage politique guinéen entre dans une phase de contentieux électoral. Arrivé officiellement en deuxième position avec 6,59 % des suffrages, loin derrière le candidat déclaré vainqueur par la Direction générale des élections (DGE), Abdoulaye Yéro Baldé dénonce un scrutin qui ne reflèterait pas « la volonté réelle du peuple ».
Un verdict des urnes contesté
Pour le leader du FRONDEG, les chiffres officiels occultent une réalité de terrain différente. Selon lui, les zones ayant échappé aux pressions et aux intimidations lui auraient été favorables. « Ce n’est pas seulement un score que l’on annonce, c’est une suppression de la voix du citoyen », a-t-il martelé devant un parterre de journalistes, qualifiant les résultats de la DGE d’atteinte à la souveraineté populaire.
Le choix de la légalité plutôt que la rue
Malgré la virulence de son constat, l’ancien ministre a surpris par la modération de son approche stratégique. Contrairement aux cycles électoraux précédents marqués par des heurts, Abdoulaye Yéro Baldé a formellement exclu tout appel à la mobilisation populaire.
« Notre lutte est politique et stratégique. Elle est tournée vers la construction, pas vers la destruction », a-t-il affirmé, insistant sur sa volonté de préserver la paix civile.
Cap sur la Cour suprême
L’offensive se déplacera désormais sur le terrain judiciaire. Les équipes juridiques du FRONDEG sont déjà mobilisées pour saisir la Cour suprême dans les délais légaux. En se positionnant comme la « principale alternative politique » du pays, Baldé entend transformer ce revers électoral en un acte de naissance pour une opposition structurée, prônant un dialogue fondé sur la « vérité » et la « justice ».
La balle est désormais dans le camp de la plus haute instance judiciaire du pays, dont l’arbitrage sera déterminant pour la stabilité de cette période de transition.
La Rédaction
