Relance économique : La Guinée révise son Code des investissements pour l’ère « Simandou 2040 »

Relance économique : La Guinée révise son Code des investissements pour l’ère « Simandou 2040 »

CONAKRY – Le gouvernement guinéen a franchi une étape décisive ce mardi en lançant officiellement les travaux de révision du Code des investissements. Entre exigences de souveraineté, rigueur budgétaire et appel au civisme des affaires, les autorités affichent une ambition claire celle de passer d’une économie d’extraction à une puissance industrielle.

C’est dans une salle comble, en présence du Premier ministre Amadou Oury Bah et des partenaires au développement (Enabel), que le coup d’envoi a été donné. Pour la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Artisanat de Guinée (CCIAG), l’enjeu dépasse la simple procédure. Par la voix de son représentant, Benjamin Eric Colle, le secteur privé a envoyé un message sans équivoque à l’Exécutif : la transformation du pays exige un cadre « robuste, transparent et sécurisé ».

​« L’efficacité de cette réforme se mesurera à sa capacité à alléger les contraintes opérationnelles », a martelé M. Colle, plaidant pour une coordination réelle entre les institutions.

Le ministère de l’Économie et des Finances a profité de cette tribune pour poser un diagnostic chiffré et sans complaisance. Le Secrétaire général, le Dr Mamoudou Touré, a révélé l’ampleur du manque à gagner : en 2023, les exonérations liées au Code des investissements ont représenté 33 % de la perte fiscale totale de l’État.

​Désormais, la Guinée refuse l’attractivité à tout prix. La future loi sera placée sous le signe de la soutenabilité budgétaire. Chaque avantage fiscal devra être justifié par des résultats concrets : création d’emplois locaux, transfert de technologies et valeur ajoutée sur le sol guinéen.

C’est dans cet esprit que Mme  la ministre du Commerce, de l’Industrie et des PME, Fatima Camara, a porté le discours le plus offensif de la journée. Fustigeant « l’attractivité passive », elle a redéfini les règles du jeu. Notamment : la transformation locale,le Contenu local et la

​Souveraineté économique.

​« Le temps où attirer l’investissement suffisait est révolu », a-t-elle lancé. Pour le gouvernement, le futur Code ne sera pas un « compromis faible », mais un levier de commande pour que les ressources du sous-sol servent enfin de moteur à une industrialisation inclusive.

En procedant le lancement, le Premier ministre Amadou Oury Bah a élevé le débat au niveau géopolitique et historique. Citant l’exemple de la transformation fulgurante du Maroc via l’OCP, il a désigné le projet Simandou (20 milliards de dollars d’investissement) comme le « catalyseur » de l’écosystème guinéen.

​Le chef du gouvernement a toutefois mis en garde contre la « culture de la rente ». Pour lui, la réussite de la vision 2040 repose sur un trépied : des infrastructures solides, un État facilitateur et, surtout, un secteur privé responsable.

​L’enjeu est désormais entre les mains de la commission de révision. Sa mission : transformer ces ambitions politiques en un texte de loi capable de rassurer les marchés tout en protégeant les intérêts de la nation.

Naby Camara

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L'Equipe de la Rédaction