Secteur privé : la CGE-GUI et la SFI tablent sur le crédit-bail pour débloquer le financement des entreprises
CONAKRY — Face aux obstacles persistants qui freinent l’investissement privé en Guinée, la Confédération Générale des Entreprises de Guinée (CGE-GUI) et la Société Financière Internationale (SFI), filiale de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, se sont réunies à Conakry pour explorer de nouvelles voies de financement, avec un accent particulier mis sur le crédit-bail (leasing).
Présidée par Ismaël Condé, trésorier de la CGE-GUI, et menée côté SFI par Mohamed Magassouma, cette session de travail s’est attaquée de front aux goulots d’étranglement qui paralysent le tissu économique local : taux d’intérêt élevés, exigences drastiques en matière de garanties et durées de remboursement inadaptées aux projets industriels et commerciaux.
Le crédit-bail, levier stratégique pour la modernisation du matériel
Pour les Petites et Moyennes Entreprises (PME), souvent démunies de garanties hypothécaires ou de fonds propres suffisants pour convaincre les banques commerciales, le crédit-bail apparaît comme une alternative prometteuse. Ce mécanisme permet d’acquérir des équipements, des véhicules ou du matériel industriel sans grever immédiatement la trésorerie de l’entreprise.
Au cours des échanges, les acteurs patronaux et experts financiers ont balisé les conditions de déploiement d’un cadre de crédit-bail plus structuré et accessible :
Souplesse des garanties : l’équipement financé servant lui-même de sûreté, la pression financière sur les PME s’en trouve allégée.
Gestion des risques et éligibilité : mise en place de critères d’octroi adaptés à la réalité du marché guinéen.
Accompagnement des PME : structuration d’offres alignées sur le cycle de vie réel des entreprises.
Un enjeu crucial pour l’emploi et l’industrialisation
Au-delà de la technique financière, la CGE-GUI rappelle que l’enjeu est avant tout opérationnel. Faciliter l’accès aux liquidités doit permettre aux entrepreneurs d’agrandir leurs unités de production, de moderniser leur outil de travail et de créer des emplois durables dans les chaînes de valeur locales.
Cette rencontre marque le début d’un dialogue renforcé entre le patronat guinéen et les bailleurs internationaux, avec pour ambition commune de transformer ces réflexions en instruments financiers concrets dans les mois à venir.
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