Tensions à la BCRG : La Délégation Syndicale dénonce une « paralysie administrative » et appelle à la mobilisation
Le climat social se tend de manière inquiétante à la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG). Dans un courrier daté du 12 mai 2026, la Délégation Syndicale de l’institution hausse le ton et dénonce la non-application du protocole d’accord signé le 22 juillet 2025. Face à ce qu’ils qualifient de recul des acquis sociaux et de dérive managériale, les syndicalistes annoncent une assemblée générale décisive le vendredi 22 mai prochain.
Des acquis sociaux jugés « remis en cause »
Le mécontentement des travailleurs repose sur une série d’engagements non tenus, touchant directement leur bien-être et leur sécurité professionnelle. Parmi les principaux griefs formulés par le syndicat figurent :
La santé et le social : La remise en cause des évacuations sanitaires à l’étranger, l’arrêt de certaines mesures sociales d’urgence, ainsi que l’absence de visites médicales systématiques pour le personnel.
Les conditions de travail et la logistique : Le manque d’intimité des bureaux au sein du nouvel immeuble R+12 une situation qui, selon le syndicat, affecte le rendement et le bien-être des agents , ainsi que la non-opérationnalisation des cantines prévues.
La précarité et l’avancement : Le non-respect du droit à la formation, le flou entourant la situation des agents détachés, l’absence d’un fonds de solidarité d’urgence, et le maintien dans la précarité de plusieurs intérimaires dont la confirmation se fait attendre.
Une gouvernance jugée « excessivement centralisée »
Au-delà des revendications sociales, la Délégation Syndicale pointe un problème structurel profond lié à la gestion humaine et administrative de la BCRG. Dans une seconde correspondance, elle fustige une « centralisation excessive et contreproductive du pouvoir décisionnel » concentré entre les mains du Gouverneur et de son assistant.
« Les cadres sont aujourd’hui réduits à un rôle de figurants, privés de toute capacité réelle d’action », martèle le syndicat.
Cette concentration des pouvoirs aurait engendré, selon les représentants des travailleurs, une « paralysie administrative sans précédent », alourdie par des circuits de validation jugés excessifs. Ce tableau est noirci par un sous-effectif chronique dans plusieurs directions stratégiques, favorisant un climat d’épuisement professionnel (burnout) exacerbé par une surcharge de travail sans contrepartie (primes ou formations).
Vers un vendredi de tous les dangers ?
Déterminée à faire fléchir la direction, la Délégation Syndicale passe à la vitesse supérieure. Elle appelle l’ensemble du personnel à se mobiliser massivement pour une Assemblée générale d’information et de concertation prévue ce vendredi 22 mai 2026, tant au siège de Conakry que dans les différentes agences de l’intérieur du pays.
Selon nos informations, une réunion s’est tenue dans la matinée de ce mardi 19 mai 2026 au sein de la BCRG pour tenter de désamorcer la crise. Pour l’heure, les autorités de la Banque Centrale n’ont pas souhaité donner de suite officielle à nos demandes de réaction.
Envergure224.com
