Urbanisme : Bah Oury promet une  métamorphose radicale de Conakry d’ici 5 ans

Urbanisme : Bah Oury promet une  métamorphose radicale de Conakry d’ici 5 ans

​Le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a affiché une ambition décuplée lors de la remise des clés de 280 nouveaux logements sociaux à Sonfonia. Entre promesses de modernisation et mise en garde sur l’assainissement, le chef du gouvernement dessine les contours d’une capitale transformée par le projet « Simandou 2040 ».
<Ce n’est qu’une première étape, mais elle se veut symbolique. La réception de 280 appartements (répartis en 14 immeubles R+4) marque le lancement d’une dynamique plus vaste. En posant la première pierre de 925 logements supplémentaires, le gouvernement, en partenariat avec le groupe GuicoPress via sa filiale Kakandé Immo, entend répondre à la crise du logement qui frappe la presqu’île.

C’est dans cet esprit que le directeur général adjoint de l’Agence Guinéenne pour le Financement du Logement (AGUIFIL), Karim Bah a mentionné dans son intervention que : « Ces logements représentent ce qu’un ménage peut espérer de mieux aujourd’hui. C’est le premier besoin de l’homme après la nourriture. Grâce à l’État, qui a mis à disposition et viabilisé le foncier, ces habitations sont accessibles à un prix trois fois inférieur à celui du marché. Cela permet aux bénéficiaires de retrouverun véritable pouvoir d’achat »,a-t-il affirmé de passage.

De loin il a décliné les conditions qu’il faut remplir.  Pour lui,  la première condition, il faut de la nationalité guinéenne. La deuxième condition, il faut s’inscrire sur la AGUIFIL. La troisième condition, c’est d’avoir un crédit hypothécaire auprès de nos partenaires bancaires. Parce que, simplement, au lieu d’avoir son revenu et passer 20 ans à construire une maison, ce dispositif mis en place par le gouvernement guinéen, sous le leadership du président de la République, Mamadi Doumbouya, à chef de l’État, c’est de permettre à tous les Guinéens, entre 14 mois à 22 mois, de posséder un logement en propriété directe, divisant ainsi leur loyer par deux pour être propriétaire. Au lieu de passer toute sa vie à construire, avec AGUIFIL, on fait deux ans pour bénéficier d’un logement.», a-t-il en outre précisé.

Dans son discours, Ibrahima Souleymane Sylla, administrateur de Kakandé Immo, filiale du groupe Guicopress ayant réalisé les travaux, a dit que les 280 logements réceptionnés sont prêts à accueillir autant de familles guinéennes. «Ces logements ont été conçus pour offrir confort, sécurité, fonctionnalité et dignité. Pour chaque famille bénéficiaire, il ne s’agit pas simplement d’un toit, il s’agit d’une stabilité retrouvée, d’un patrimoine construit, d’un avenir sécurisé <span;>», a-t-il évoqué.

Ceci d’après lui, la pose de la première pierre des 925 nouveaux logements traduit la volonté des autorités et des partenaires de poursuivre durablement le programme.

Le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de <span;>l’Aménagement du territoire, Mohamed Lamine Sy Savané, a quant à lui  dit que du logement social dans la politique de transformation urbaine du pays. « La Guinée entre progressivement dans une phase nouvelle de son développement urbain, fondée sur la planification, l’investissement structurant et la production d’espaces d’habitation moderne », a-t-il déclaré
Il a ensuite assuré la mise à disposition des domaines fonciers destinés à ces constructions, dans le cadre d’un partenariat public-privé avec Kakandé Immo et l’Agence guinéenne pour le financement du logement (Aguifil).

Présidant la cérémonie, le Premier ministre Amadou Oury Bah a présenté ce projet comme un symbole des ambitions de modernisation de la Guinée et particulièrement de Conakry.
Pour Bah Oury, l’objectif visait de faire de Conakry la « vitrine de l’Afrique de l’Ouest », une ambition dictée par le chef de l’État Mamadi Doumbouya pour rattraper les retards structurels accumulés.
​Le ton est monté d’un cran lorsque le Premier ministre a évoqué l’avenir urbain. Dans une déclaration aux accents prophétiques, il a exhorté les populations à immortaliser l’actuel visage de la capitale :

« Prenez les images du Conakry actuel et conservez-les, parce que dans cinq ans, vous vous demanderez dans quelle ville nous sommes. »
​Cette transformation annoncée ne se limite pas à l’esthétique. Elle repose sur trois piliers de services de base :
​Énergie et Eau : Une volonté de mettre fin aux délestages et d’amener l’eau courante dans chaque foyer, tout en limitant les forages artisanaux qui menacent la stabilité des sols.
Infrastructure routière : Un maillage urbain repensé pour fluidifier le transport.
Assainissement d’urgence : À l’approche de la saison des pluies (juillet), la gestion des déchets et l’évacuation des eaux sont érigées en priorité sécuritaire immédiate.

C’est sans doute le point le plus politique de son allocution : Bah Oury renvoie la balle aux collectivités locales. Selon lui, l’État central ne peut assurer seul la pérennité du cadre de vie. La mise en place des délégations spéciales et des futures institutions locales doit permettre de transférer la gestion des « besoins fondamentaux » à ceux qui sont au plus près des citoyens.

Simandou 2040 : le moteur du changement
​Au cœur de cette stratégie se trouve le mégaprojet Simandou 2040. Pour la primature, l’exploitation minière et l’industrialisation qui en découle sont les véritables moteurs financiers et techniques de cette mutation urbaine.
Si le Premier ministre promet de transformer « le rêve en réalité », le défi reste de taille dans une capitale où l’urbanisation sauvage et les problèmes d’assainissement ont longtemps résisté aux réformes successives. Le rendez-vous est pris pour 2031.

Naby Camara

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L'Equipe de la Rédaction