FITA 2026 : Le duo Conakry-Tunis passe à la vitesse supérieure
À l’occasion du Forum International de l’Investissement et du Commerce en Afrique (FITA 2026), la Guinée et la Tunisie ont scellé une alliance stratégique. Entre transfert de technologies automobiles et ambitions minières portées par le projet Simandou, les deux nations dessinent les contours d’une industrialisation Sud-Sud intégrée.

Le pavillon de la Guinée n’est pas passé inaperçu à Tunis cette année. Invitée d’honneur de cette édition 2026, la République de Guinée, représentée par une délégation de haut niveau conduite par la Ministre Fatima Camara, a clairement affiché ses ambitions : transformer son potentiel naturel en levier industriel.

Le point d’orgue de ce forum a été la rencontre stratégique entre les représentants guinéens et la Tunisian Automotive Association (TAA). La Tunisie, véritable hub de composants automobiles en Afrique du Nord, propose un modèle de compétitivité que Conakry souhaite adapter.
L’enjeu etait de faire le transfert de compétences technique pour former une main-d’œuvre locale qualifiée.
L’attraction d’investissements directs étrangers pour bâtir une chaîne de valeur automobile en terre guinéenne.

Au-delà des ateliers sectoriels, ces échanges s’inscrivent dans la vision macroéconomique du Président Mamadi Doumbouya. Le programme Simandou 2040 a servi de fil conducteur aux discussions. Pour la délégation guinéenne, il ne s’agit plus seulement d’extraire du minerai, mais de créer une véritable « dorsale de croissance » incluant infrastructures et transformation locale.

« L’Afrique doit être résolument tournée vers la création de valeur locale », a martelé Fatima Camara lors de son intervention, rappelant que l’intégration continentale passe par des partenariats opérationnels plutôt que de simples protocoles d’intention.
Pour pérenniser ces acquis, Tunis et Conakry ont acté la volonté de relancer la commission mixte bilatérale. Ce mécanisme diplomatique et technique devrait permettre de fluidifier les échanges commerciaux et d’harmoniser les normes industrielles entre les deux pays.

Alors que le FITA 2026 referme ses portes, la Guinée repart avec un carnet de route dense. En se rapprochant de l’expertise tunisienne, Conakry confirme sa volonté de devenir un moteur de l’industrialisation en Afrique de l’Ouest, misant sur une souveraineté économique inclusive.
Naby Camara
