AFFAIRE MOHAMED LAMINE FOFANA À LA CRIEF : LES DÉBATS RENVOYÉS AU 24 JUIN PROCHAIN
Le feuilleton judiciaire impliquant l’ancien ministre de la Justice, Mohamed Lamine Fofana, et plusieurs de ses collaborateurs connaît un nouveau rebondissement. Initialement prévue ce lundi 18 mai 2026, l’ouverture des débats de fond a été renvoyée au mercredi 24 juin prochain par la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). En cause : un calendrier d’audience surchargé et une vive bataille de procédure autour de l’absence de l’un des principaux prévenus.
C’est un contretemps technique qui a dicté la décision du juge Alpha Camara ce lundi. Alors que l’affaire était inscrite au rôle, l’engorgement de l’audience a rendu impossible l’examen du dossier, contraignant l’ensemble des parties à solliciter un report. Une bouffée d’oxygène pour la défense, mais une frustration évidente pour l’accusation.
Maladie ou cavale ? Le débat s’enflamme autour de l’absence de l’ex-ministre
Au-delà de la surcharge du tribunal, c’est la chaise vide de l’ancien garde des Sceaux qui a cristallisé les tensions dans la salle d’audience :
Du côté de la défense ,l’avocat de Mohamed Lamine Fofana a justifié l’absence de son client par des raisons de santé, plaidant pour un renvoi d’un mois minimum afin de lui permettre de se rétablir.
Du côté de la partie civile,le ton est nettement plus incisif. Pour les avocats de l’État, l’argument de la maladie ne tient pas : le prévenu est purement et simplement considéré comme étant « en fuite ».
La position ferme du parquet : Aligné sur la position de la partie civile, le procureur spécial près la CRIEF, Charles Wright, a réclamé des preuves tangibles. Dans une déclaration particulièrement remarquée, le chef du parquet s’est dit prêt à faire déplacer la cour au chevet de l’ex-ministre si sa maladie s’avérait réelle. « Si Mohamed Lamine Fofana est réellement malade et alité, la cour est prête à aller l’entendre », a-t-il martelé.
Pour rappel, Mohamed Lamine Fofana n’est pas le seul à jouer son avenir judiciaire dans ce dossier. Il est poursuivi aux côtés de quatre co-accusés : Mamadi Kemo Condé, Fransady Condé, Ibrahima Lamizana Condé et Mamoudou Sanoh.
Tous doivent répondre de charges graves qui pèsent sur la gestion des deniers publics sous le régime déchu . Notamment le détournement de deniers publics ,corruption, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux
La date du 24 juin sonne désormais comme un ultimatum. Reste à savoir si l’ancien ministre de la Justice se présentera à la barre ou si la CRIEF devra user de mesures de coercition pour obtenir son audition. Une affaire à suivre de près.
La Rédaction
