​CRIEF : Charles Wright lance « l’Opération Mains Propres » sur 16 ans de gestion

​CRIEF : Charles Wright lance « l’Opération Mains Propres » sur 16 ans de gestion

CONAKRY – À peine installé dans ses fonctions de Procureur spécial près la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright a provoqué une onde de choc ce vendredi. En annonçant un audit général des marchés publics couvrant la période 2010-2026, le magistrat signe la fin de la récréation pour les gestionnaires indélicats.

​L’insaisissable « fait nouveau »

​Le message est clair : aucun acquittement passé n’est définitif. Charles Wright entend s’attaquer aux dossiers de corruption que certains croyaient enterrés sous le sceau de la chose jugée. S’appuyant sur la notion juridique de « faits nouveaux », il prévient que les décisions de blanchiment obtenues précédemment ne constitueront pas un « bouclier » contre de nouvelles preuves.

« S’il y a des éléments de nature à engager l’action publique, je n’hésiterai pas », a-t-il martelé, balayant d’un revers de main l’argument de l’autorité de la chose jugée pour les dossiers mal ficelés ou délibérément clos.

Un audit titanesque : de la 3ème République à la Transition

​Le cœur de cette offensive se situe dans la gestion des marchés publics, véritables « vaches à lait » du système de détournement selon le Procureur. L’examen annoncé est sans précédent par son ampleur chronologique :

  • Période visée : 2010 à 2026.
  • Cible : Les procédures de passation, d’exécution et de paiement des marchés de l’État.
  • Méthode : Une injonction immédiate faite à l’ORDEF et à l’administration centrale de livrer tous les dossiers en souffrance dès lundi prochain.

​Pour Charles Wright, l’enjeu dépasse la simple comptabilité : « Un franc détourné, c’est une femme enceinte qui décède à Kouroussa ». Une manière de rappeler l’impact social dévastateur de la délinquance financière.

​Une purge interne en filigrane

​Conscient que la crédibilité de la CRIEF repose sur l’exemplarité de ses agents, le Procureur a adressé une mise en garde sévère à ses collaborateurs. En affirmant qu’un « corrompu ne peut pas poursuivre un corrompu », il pose les jalons d’une surveillance accrue au sein même de l’appareil judiciaire.

​Le défi de la « Boussole »

​En réaffirmant son alignement sur la vision du Chef de l’État qui a fait de la justice la « boussole » de la Transition Charles Wright se pose en rempart contre ceux qui tenteraient de saboter cette dynamique.

​Reste désormais à voir si les moyens suivront l’ambition. Passer au crible seize années de contrats publics est un chantier colossal qui nécessitera une expertise technique et une indépendance de fer pour transformer ces annonces en condamnations concrètes.

Par la Rédaction

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L'Equipe de la Rédaction