Les résultats officiels sont attendus dans dix jours. La plupart des analystes s’attendent à ce que Paul Biya remporte un huitième mandat dans un système que ses détracteurs jugent verrouillé après quarante-trois ans au pouvoir. Selon le code électoral, toute contestation doit être déposée auprès du Conseil constitutionnel dans les trois jours suivant la clôture du vote. Le présentateur de la télévision d’Etat CRTV a annoncé mercredi soir « cinq recours (…) déposés au Conseil constitutionnel jusqu’à ce jour ». Les requérants réclament notamment « l’annulation du scrutin pour fraude électorale ».
Paradoxalement, et malgré l’engouement qu’il suscite à la tête du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre resté vingt ans dans le giron présidentiel, n’a pas déposé de recours. Son directeur de campagne, Chris Maneng’s, a expliqué que comme le Conseil constitutionnel s’appuyait sur des procès-verbaux entachés d’« irrégularités », le candidat n’a pas voulu s’engager dans une démarche « tronquée ». Il assure en revanche que des procès-verbaux prouvant « la vérité des urnes » et la victoire de M. Tchiroma Bakary seront publiés en ligne dans les prochains jours.
Incendies
Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des tensions entre des partisans d’Issa Tchiroma Bakary et les forces de l’ordre aux abords des antennes de la commission électorale (Elecam) à Bafoussam (ouest) et à Douala. Dans la capitale économique, quatorze personnes ont été arrêtées, a déclaré jeudi le préfet du département, Sylac Marie Mvogo, à la télévision d’Etat. Des incendies autour de l’antenne de la commission électorale à Dschang (ouest) ont également été signalés.
