​Affaire Toumba Diakité : La défense dénonce un transfèrement « illégal » vers Coyah

​Affaire Toumba Diakité : La défense dénonce un transfèrement « illégal » vers Coyah

CONAKRY – Un bras de fer s’engage entre le parquet général et les conseils d’Aboubacar Sidiki Diakité, dit « Toumba ». Au lendemain du transfèrement de l’ancien aide de camp vers la prison civile de Coyah, son avocat, Maître Lanciné Sylla, fustige une procédure « arbitraire » et conteste formellement la version officielle des faits.

​Une version des faits contestée

​Le parquet général justifie ce déplacement par un refus de coopération de Toumba Diakité lors d’une fouille de routine à la Maison centrale de Conakry. Une version balayée d’un revers de main par son avocat. Interrogé par Africaguinee.com, Me Lanciné Sylla affirme que son client s’est soumis sans résistance aux opérations.

​« Sa version des faits n’a rien à voir avec celle du procureur général. Selon lui, il s’est soumis aux opérations et n’a opposé aucune résistance », a déclaré le conseil, se disant « surpris » par les allégations de l’administration.

Au-delà de la dispute factuelle, c’est sur le terrain du droit que la défense porte ses coups les plus rudes. Me Sylla soutient que l’administration pénitentiaire a agi en dehors de ses prérogatives. Selon lui, le transfèrement d’un condamné relève exclusivement du pouvoir judiciaire — soit le tribunal criminel de Dixinn, soit la chambre de contrôle de l’instruction et non d’une décision administrative.

​L’avocat souligne une nuance de taille : même en cas d’indiscipline avérée, la sanction aurait dû se limiter à un isolement au sein du même établissement, et non à une déportation vers une autre juridiction.

​Appel au nouveau ministre de la Justice

​Face à ce qu’il qualifie de « violation des garanties procédurales », Me Sylla place désormais le curseur sur le nouveau garde des Sceaux. Il appelle le ministre à agir en tant que garant des libertés fondamentales pour obtenir le retour de Toumba Diakité à Conakry.

​Refusant de s’aventurer sur le terrain politique, l’avocat insiste : dans un État de droit, les autorités doivent être les premières à se soumettre à la loi. Une visite à Coyah est prévue ce mercredi pour constater de visu les conditions de détention de son client.

À suivre

 Naby Camara 

Share and Enjoy !

Shares

L'Equipe de la Rédaction