Guinée : Mourana Soumah mise sur « l’autoroute » MEDUSA pour doper la croissance

Guinée : Mourana Soumah mise sur « l’autoroute » MEDUSA pour doper la croissance

​À l’occasion de la signature de l’accord MEDUSA Africa ce mercredi 6 mai 2026, le ministre de la Communication et de l’Économie Numérique a réaffirmé une priorité absolue : le développement des infrastructures physiques comme préalable à toute transformation digitale réelle.
​​En Guinée, le numérique ne veut plus se contenter des seconds rôles. Alors que le pays a paraphé cette semaine l’accord pour le déploiement de MEDUSA, un second câble sous-marin de fibre optique, le ministre Mourana Soumah a tenu à clarifier sa feuille de route. Pour lui, la croissance ne peut être qu’un concept abstrait si elle ne circule pas sur des réseaux solides.
​Le constat du ministre est sans appel, une croissance à deux chiffres n’a de valeur que si elle impacte le quotidien des populations. « On peut faire toutes les hypothèses de croissance de 10%. Si on n’a pas des infrastructures numériques […], cette croissance va rester dans les chiffres et non dans la réalité », a-t-il martelé.
​L’enjeu est de transformer l’économie guinéenne en profondeur. En s’appuyant sur des données internationales, Mourana Soumah rappelle qu’un gain de 10 % dans la pénétration du haut débit peut se traduire par une hausse immédiate de 2 points de PIB. Un levier de richesse que le gouvernement entend désormais actionner pleinement.
​Le défi du rattrapage
​Comparée à ses voisins ouest-africains, la Guinée affiche une marge de progression importante. Le numérique ne pèse aujourd’hui que 4 % du PIB guinéen, contre 12 % au Sénégal et 14 % en Côte d’Ivoire. Pour combler ce fossé, le ministère prévoit un plan d’expansion massif .
​Objectif  etait de passer de 4 325 km à 10 000 km de fibre optique sur le territoire national.
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Au-delà de la souveraineté technologique, l’arrivée de MEDUSA doit répondre à une attente sociale pressante : la qualité et le prix du service. Le ministre a réitéré que ce projet n’est pas une fin en soi, mais un moyen d’aboutir à une « baisse des coûts et une amélioration de la qualité » pour les consommateurs.
​En sécurisant sa connectivité internationale, la Guinée espère non seulement devenir une destination crédible pour les investisseurs, mais aussi offrir aux entrepreneurs locaux les armes nécessaires pour affronter la concurrence mondiale. Le message est passé : le numérique guinéen ne se décrète plus, il se construit.

Naby Camara pour Envergure224.com 

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L'Equipe de la Rédaction