Palais Mohammed V : Le dernier acte du gouvernement Bah Oury ?
L’heure des cartons a sonné. Quelques jours après l’investiture solennelle du général Mamadi Doumbouya, les rouages de la haute administration s’emballent. Entre inventaires de sortie et coulisses de la Primature, tout indique que le premier grand remaniement de la Ve République est imminent.
L’agitation dans les couloirs des départements ministériels ne trompe pas. Selon nos sources, l’instruction est tombée. Chaque ministre doit produire un état des lieux exhaustif des dossiers en cours. Si l’exercice ressemble à une formalité administrative, il s’apparente en réalité à un audit de performance.
Bien que la Constitution de septembre 2025 n’impose pas explicitement la chute du cabinet au lendemain de l’investiture, le poids de la tradition républicaine pèse de tout son poids. Dans l’histoire politique guinéenne, un nouveau mandat surtout celui marquant l’entrée dans une nouvelle République exige une remise à plat.
Pour le chef de l’État, il ne s’agit pas seulement de changer des visages, mais de valider le passage de la « Transition » à la « Normalisation ». Maintenir l’équipe actuelle reviendrait à entamer ce nouveau cycle avec les scories du passé.
La « Rupture » comme boussole
Lors de son discours du 17 janvier, le le Président Mamadi Doumbouya n’a pas fait dans la demi-mesure. En invoquant une « nouvelle culture politique » et ‘l’exigence de redevabilité », il a tracé le portrait-robot de ses futurs ministres .
« L’autorité sera forte parce qu’elle sera exemplaire », a martelé le Président. Un avertissement à peine voilé pour ceux qui espéraient une reconduction automatique.
Le sort de Bah Oury est au centre de toutes les spéculations. Sera-t-il l’homme de la continuité pour rassurer les partenaires techniques et financiers, ou le Président choisira-t-il un profil plus « technocrate-choc » pour incarner cette nouvelle ère ?
Ce qui est certain, c’est que le futur attelage gouvernemental devra répondre à une urgence : transformer les promesses de la Ve République en résultats tangibles pour le panier de la ménagère.
La démission imminente n’est pas un aveu d’échec, mais un rite de passage nécessaire. En demandant des comptes avant de nommer les nouveaux promus, le Général Mamadi Doumbouya installe une épée de Damoclès au-dessus de la tête de la future classe dirigeante. Le temps de la gestion « à la petite semaine » semble révolu et celui de la performance comptable commence.
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