Régulation des réseaux sociaux et cybersécurité : l’espace UEMOA et la Guinée en concertation à Conakry
CONAKRY — Faire face à la prolifération de la désinformation et aux menaces cybernétiques tout en préservant la liberté d’expression : c’est le double défi auquel tentent de répondre les instances de régulation de la sous-région. La capitale guinéenne accueille depuis ce lundi 31 août 2026 la 12ᵉ assemblée générale de la Plateforme des régulateurs de l’audiovisuel des pays membres de l’UEMOA et de la Guinée.
Placée sous le thème de la régulation des réseaux sociaux face aux enjeux de cybersécurité et de cohésion sociale, cette rencontre réunit les délégués des huit pays de l’UEMOA, des représentants de la presse et des autorités gouvernementales.
Les intervenants ont tour à tour souligné l’urgence de coordonner les initiatives nationales face aux dérives du numérique. Pour Boubacar Yacine Diallo, président de la Haute Autorité de la Communication (HAC) de Guinée, la démarche vise à freiner les contenus illicites tout en conservant les bénéfices des outils digitaux :
« Nous devons harmoniser nos positions pour combattre les discours de haine et la désinformation, tout en promouvant les bons usages. »
Une approche partagée par le président sortant de la plateforme et tête d’affiche de la HAAC du Togo, Pitalounani Telou, qui a rappelé la nécessité d’adapter la régulation à un écosystème en transformation rapide pour bâtir un espace médiatique performant et crédible.
Concilier sécurité publique et libertés individuelles
Le ministre guinéen de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a insisté sur la portée stratégique de cette feuille de route. Rappelant que les deepfakes et la cybercriminalité constituent désormais des risques pour la stabilité nationale, il a appelé les participants à définir une ligne d’action équilibrée :
« Notre responsabilité est de trouver le juste équilibre : protéger sans étouffer, réguler sans censurer et sanctionner les abus sans affaiblir la liberté d’expression. »
Au terme des travaux, les régulateurs ambitionnent de poser les bases d’un cadre normatif harmonisé, capable d’adapter les législations locales aux nouveaux usages technologiques au sein de l’espace UEMOA-Guinée.
NAC pour Envergure224.com
