Justice : Le transfert de Toumba Diakité à Coyah provoque la colère de ses avocats

Justice : Le transfert de Toumba Diakité à Coyah provoque la colère de ses avocats

Nouveau coup de théâtre dans l’affaire du Commandant Aboubacar Sidiki Diakité, alias « Toumba ». Ce mardi 10 février 2026, son collectif d’avocats a dénoncé avec virulence son transfèrement de la Maison centrale de Conakry vers la prison civile de Coyah. Un acte qualifié d’« arbitraire » par la défense, qui y voit une violation flagrante des procédures pénales.

​L’alerte a d’abord été donnée sur les réseaux sociaux le 9 février. Alertés, les conseils de l’ancien aide de camp de Moussa Dadis Camara disent s’être heurtés, dans un premier temps, à une interdiction de visite à la Maison centrale de Conakry, malgré leur statut d’auxiliaires de justice.

​Il aura fallu l’intervention du Procureur Général près la Cour d’Appel pour qu’un avocat puisse s’entretenir brièvement avec Toumba, avant que ce dernier ne soit finalement extrait de sa cellule ce matin pour une destination initialement inconnue, avant d’être localisé à Coyah.

​Le collectif d’avocats ne dénonce pas seulement un mouvement de détenu, mais une « rupture de la légalité ». Selon eux, l’Administration Pénitentiaire a outrepassé ses droits en agissant sans décision judiciaire préalable.

​L’autorité judiciaire bafouée : En s’appuyant sur les articles 1019, 1020 et 1113 du Code de Procédure Pénale, les avocats rappellent que tout incident lié à l’exécution d’une peine relève de la compétence exclusive des juges et non de l’administration.

​Une détention sans titre à Coyah : Le mandat de dépôt de Toumba Diakité, daté de mars 2017, vise la Maison centrale de Conakry. Son transfert vers une autre juridiction est jugé sans fondement légal.

​Le calcul de la peine : Condamné à 10 ans de prison le 31 juillet 2024, Toumba a déjà passé 8 ans, 10 mois et 27 jours derrière les barreaux. Ce transfert, à quelques mois d’une possible libération, interroge ses conseils sur les motivations réelles de l’exécutif.

​« Une pratique qui fragilise la justice »

​Face à ce qu’ils considèrent comme une « mesure attentatoire aux garanties fondamentales », les avocats exigent le retour immédiat de leur client à Conakry. Pour le collectif, ce transfèrement ne peut être un simple acte administratif puisqu’il impacte directement les conditions de défense d’un condamné dont le dossier est encore en appel.

​​À suivre

Envergure224.com 

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L'Equipe de la Rédaction