Analyse : Le « Septennat de la Refondation » passera-t-il par le sommet ?(Dr Bano Barry)

Analyse : Le « Septennat de la Refondation » passera-t-il par le sommet ?(Dr Bano Barry)

Quelques jours seulement après l’investiture de Mamadi Doumbouya pour un mandat de sept ans, le débat sur la restructuration de l’appareil étatique s’enflamme. Invité de la télévision nationale, le sociologue et ancien ministre Dr. Bano Barry a dressé un diagnostic sans concession. Pour réussir, la réforme de l’État doit impérativement s’attaquer au « cerveau » du système.
​Par une métaphore médicale saisissante,Dr  Bano Barry a dépeint une administration guinéenne en proie à une « métastase ». Selon lui, la prolifération désordonnée de ministères et de directions  souvent issus de simples démembrements sans vision stratégique aboutit à une paralysie fonctionnelle où les institutions finissent par « se marcher sur les pieds ».
​Pour l’universitaire, le palais de Boulbinet ne doit plus seulement être le lieu du pouvoir, mais celui de la conception. Dans un régime présidentiel, c’est à ce niveau que doit se dessiner l’architecture administrative du pays. Dr Bano Barry préconise une présidence recentrée sur quatre piliers cardinaux :
​La réflexion stratégique pour définir la forme de l’État.
​La répartition rigoureuse des ressources budgétaires. L’ancien ministre plaide également pour une « remise au carré » de la Primature et de l’administration centrale. Son approche se veut chirurgicale : revenir à l’application stricte des textes. Nombre de divisions par direction, nombre de sections par division, et surtout, l’instauration systématique de fiches de postes.
​« On ne recrute pas pour occuper un bureau, on recrute pour remplir une mission », semble dire le sociologue, qui voit dans cette organisation la condition sine qua non pour que l’État puisse enfin superviser un secteur privé moteur de croissance.
​Le capital humain avant le minerai
​Enfin, Dr.Bano Barry a tenu à rappeler une vérité économique souvent occultée par le narratif minier, selon lui, la véritable richesse de la Guinée ne dort pas dans son sous-sol.
​« Ce ne sont pas le sol ou le sous-sol qui enrichissent un pays, ce sont les femmes et les hommes. »
​En plaçant le capital humain au cœur du premier septennat de la Quatrième République, Bano Barry lance un défi de taille au chef de l’État non seulement de transformer l’administration guinéenne en une machine de guerre capable de convertir le potentiel naturel en richesse nationale concrète.
​Reste à savoir si cette vision d’un État rationalisé et « dé-bureaucratisé » trouvera un écho dans les premiers décrets du nouveau mandat de Mamadi Doumbouya.

Naby Camara

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L'Equipe de la Rédaction