​Guinée : La CRIEF accorde la liberté provisoire à l’ex-Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana

​Guinée : La CRIEF accorde la liberté provisoire à l’ex-Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana

Après 46 mois de détention préventive, l’ancien chef du gouvernement sous l’ère Alpha Condé a obtenu, ce jeudi, une mise en liberté d’office. La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a invoqué des raisons de santé pour justifier cette décision, assortie toutefois de strictes conditions de contrôle.

​C’est un tournant majeur dans l’un des dossiers les plus emblématiques de la transition guinéenne. Incarcéré depuis le 31 mai 2022, Dr Ibrahima Kassory Fofana, poursuivi pour « détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux », va pouvoir quitter le milieu carcéral.

​Une absence remarquée à l’audience

​Lors de l’audience de ce jeudi, le box des accusés est resté vide. Le juge Daye Mara a d’emblée acté l’absence du prévenu, une situation devenue récurrente. Le ministère public a confirmé que les tentatives d’extraction de l’ancien Premier ministre s’étaient heurtées à son refus systématique, celui-ci se disant trop affaibli pour comparaître.

​C’est finalement un courrier de la Direction nationale de l’administration pénitentiaire, attestant de la dégradation de l’état de santé de l’ancien locataire du palais de la Colombe, qui a fait basculer la séance.

​Un consensus pour une liberté sous conditions

​Fait notable, le procureur a lui-même sollicité cette mise en liberté, arguant que les soins nécessaires ne pouvaient être dispensés en détention. La partie civile, représentant l’État guinéen, ne s’y est pas opposée.

​La liberté de Dr Kassory Fofana n’est cependant pas totale. L’ordonnance du juge lui impose un régime de contrôle judiciaire strict :

• ​Silence médiatique : Interdiction formelle de s’exprimer dans la presse.

• ​Discrétion publique : Limitation de ses apparitions dans l’espace public.

• ​Obligation de notification : Devoir d’informer la Cour de tout déplacement.

​Prochain rendez-vous judiciaire

​Si cette décision marque la fin de près de quatre ans de détention, elle ne signifie pas l’arrêt des poursuites. Le dossier reste ouvert et l’affaire a été renvoyée au 26 mars prochain pour la suite des débats.

​L’ancien Premier ministre, qui a toujours clamé son innocence, devra donc se présenter devant ses juges dans un mois, cette fois en homme libre.

Envergure224.com 

 

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L'Equipe de la Rédaction