​Guinée : La liberté conditionnelle de Kassory Fofana, un « cadeau empoisonné » ?

​Guinée : La liberté conditionnelle de Kassory Fofana, un « cadeau empoisonné » ?

Le feuilleton judiciaire de l’ancien Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, vient de prendre un tournant décisif. Si la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a fini par lâcher du lest en accordant une mise en liberté sous conditions, le soulagement des proches est de courte durée. Entre dégradation physique et batailles procédurales, l’ombre d’une évacuation sanitaire urgente plane désormais sur le palais de justice.

​Un épilogue judiciaire au goût amer

​Après quatre années de bras de fer dans les couloirs de la CRIEF, la sortie de cellule du Dr Kassory Fofana ne ressemble en rien à un triomphe. Pour ses soutiens, dont le virulent Boubacar Sylla (ONG Club des Amis du Monde), cette décision est une victoire en demi-teinte. En cause : les restrictions drastiques imposées par le parquet spécial.

​Le collectif dénonce une manœuvre de « neutralisation politique » : alors que les accusations de détournement de fonds publics piétinent, les clauses de sa libération semblent, selon ses proches, davantage taillées pour entraver l’avenir politique de l’ex-locataire de la Primature que pour garantir la manifestation de la vérité.

​L’urgence médicale : Le nouveau front

​Le débat ne se joue plus seulement dans le code de procédure pénale, mais sur le bulletin de santé de l’ancien Premier ministre.

​Constat : Une dégradation physique jugée « alarmante » par son entourage.

​Accusation : Les proches pointent la responsabilité directe de l’État guinéen, coupable selon eux d’avoir ignoré les arrêts de libération antérieurs, notamment ceux de la CEDEAO.

​Revendication : L’évacuation sanitaire immédiate. Pour le clan Kassory, le plateau technique local ne suffit plus ; seule une prise en charge à l’étranger pourrait stabiliser l’état de l’ancien chef du gouvernement.

« Sa maladie a enfin été reconnue par Aly Touré. Nous demandons au gouvernement de prendre en charge en toute urgence l’évacuation sanitaire », a martelé Boubacar Sylla, transformant cette libération en un cri d’alarme humanitaire.

Vers une « décrispation » globale ?

​Au-delà du cas Kassory, c’est un appel à la réconciliation nationale qui est lancé au Président de la République, le général Mamadi Doumbouya. En demandant l’élargissement des mesures de grâce aux autres anciens ministres, politiciens et activistes détenus, les proches de l’ex-PM tentent de transformer ce dossier individuel en levier politique pour apaiser un climat social sous haute tension.

​L’enjeu est désormais de taille pour le CNRD : accéder à la demande d’évacuation au risque de voir un prévenu de haut rang quitter le territoire, ou maintenir la pression au risque de transformer un dossier de corruption présumée en drame humanitaire irréversible.

Naby Camara

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L'Equipe de la Rédaction